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Une fois arrivé à l’appartement, il ouvre le canapé, fait une toilette rapide et se couche. Le lendemain matin, il doit prendre le train à dix heures. Après une nuit de sommeil agité, il se lève, s’habille rapidement, met les derniers vêtements sales dans la valise, prépare un café avec la machine. Il laissera les capsules restantes pour les prochains voyageurs de passage ; en revanche, bien qu’il n’aime pas gaspiller, il jettera les chips et ce qui reste dans le frigo à la poubelle, qu’il descendra au dernier moment, quand Marie-Claude sera arrivée pour récupérer les clés. À neuf heures, elle l’appelle, elle est en bas, devant la porte de l’immeuble. Il met le sac à dos sur ses épaules, dépose le sac poubelle et sa valise sur le palier, vérifie que toutes les lumières sont bien éteintes, ferme la porte et descend. Il lui donne les clés, la remercie, et ils s’embrassent comme de vieux amis avant de se saluer. André remonte la rue pour se rendre à la gare. Marie-Claude le regarde partir et se dit que c’est décidément un drôle de type.
Le voyage de retour lui semble long, mais il termine le roman policier qu’il a commencé la veille et entame le second. Ça fait passer le temps plus vite. Arrivé en gare de Bercy, il prend le métro et le RER pour rentrer chez lui. Il y arrive en milieu d’après-midi. Élisabeth va revenir du travail plus tard. Il appréhende quelque peu le moment où ils vont se retrouver. Il vide sa valise et met une machine à laver en route. Il range ce qui n’a pas besoin d’être lavé dans l’armoire adéquate. En attendant que la machine soit terminée, il lit trois chapitres du roman commencé dans le train. Il étend ensuite le linge, se remet à lire en attendant le retour de son épouse.
Quand il entend le cliquetis dans la serrure, il se lève pour la rejoindre dans l’entrée. Ils se serrent dans les bras l’un de l’autre sans rien dire. Elle accroche son sac et son manteau à la patère, puis ils vont s’asseoir sur le canapé, tout près l’un de l’autre, et s’embrassent longuement. Puis elle le regarde tristement et dit :
- Je suis désolée que tu ne m’en aies jamais parlé pendant toutes ces années et que tu sois parti comme ça, sur un coup de tête, comme si ce que nous avons construit ensemble n’avait compté pour rien. Mais je suis heureuse aussi : tu as retrouvé Alice.
- Tu sais, elle et moi, nous nous sommes échangé nos adresses pour nous écrire. Nous pourrons aussi nous téléphoner pour prendre des nouvelles l’un de l’autre. Tout ce silence accumulé a fait souffrir tout le monde, et maintenant qu’il a été brisé, je ne veux vraiment pas qu’il se réinstalle. Tu n’as rien à craindre : j’ai maintenant tourné la page, mais cette possibilité de lui parler va me permettre d’avancer sereinement avec toi.
-Oui, bien sûr, André. C’est bien que vous gardiez le contact, maintenant que tu es au clair avec ton passé et que tu sais où tu vas dans ta vie.
- Merci, merci mille fois, Élisabeth, répond-il simplement en l’embrassant de nouveau.
Tous deux sont fatigués par les événements et les émotions des derniers jours. Il lui propose d’aller manger au restaurant chinois d’à côté pour qu’ils n’aient pas besoin de préparer le repas du soir. Elle accepte. Ainsi, la vie reprend son cours. Lui se sent allégé d’un secret ; elle sait maintenant qui était le fantôme entre eux pendant toutes ces années. Tous deux savent qu’ils affronteront désormais les vicissitudes de l’existence ensemble, plus soudés qu’ils ne l’ont jamais été.