Sous le plâtre bleuté d’une nuit en carton
Un astre de papier passe au bord de la scène
En détachant du ciel un regard épicène
Sur un monde de mots noyés dans du coton.
 
D’une jarre en émail aux lèvres de laiton
Jaillissent des lézards dont le sourire obscène
Remplit déjà le cœur d’un fabuleux mécène
Oublié par le temps qu’enrichit un feston.
 
Dans les salles de marbre où se perd la richesse
Des lustres de couleurs si chers à la duchesse
Pendent comme des mains qui touchent les miroirs.
 
Puis c’est l’éternité qui déroule sa laine
Au-dessus des trous noirs dont la profonde haleine
Avale le silence et la peau des tiroirs.

Francis Etienne Sicard Lundquist

Soierie de marbre @2014


Publié le 16/02/2025 / 7 lectures
Commentaires
Publié le 17/02/2025
Tout ne semble qu’artifice, un décor fortuit dans lequel s’évapore la richesse et avec elle l’illusion d’être. Il semble que l’on bascule d’un monde à un autre, plus incertain, plus sombre et énigmatique… une nouvelle subtile partition qui crédite un peu plus encore tout ton art qu’est celui d’interpeler et faire réfléchir. A plus tard Francis Etienne.
Publié le 18/02/2025
Cette plume qui sait donner vie aux natures mortes ou scènes désertées, m'avait beaucoup manqué. Très grande maitrise.
Publié le 23/02/2025
Chère Engome, Comme je suis touché par la tendresse de votre remarque et par la qualité de votre fidélité. Mon absence s'explique par une hospitalisation assez longue à la suite d'une grippe qui m'a tenu loin de chez moi pendant 7 semaines. Je suis donc resté extrêmement silencieux pour la publication de mes textes mais j'ai repris et petit à petit je retrouve le rythme d'avant. Merci encore 1000 fois pour votre grande fidélité et pour votre appréciation de mon écriture. Très cordialement à plus tard Francis Étienne
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