Sous la courtine d’or d’un blason de duchesse

Se cache le velours d’un lys ourlé d’émail

Dont le parfum sucré rappelle le corail

Des rives d’un lagon où fleurit la jeunesse.

 

Une valse ancienne à la longue caresse

Ebruite des émois sous le fer d’un mézail

Qu’un regard de cristal coule au plomb d’un vitrail

Comme un gant de satin touche aux lois de l’ivresse.

 

Une fine dentelle entourant le ciel gris

D’un filin de lumière au goût de vert-de-gris

Flotte sur le palais et le marbre écarlate.

 

Car l’ombre d’un pas lourd lors envahit les quais

Que des hommes en arme et des bancs de laquais

Masquent sous leurs plumets aux couleurs de mainate.

 

Francis-Etienne Sicard Lundquist

Griffes d'orties@2014

 


Publié le 26/08/2025 / 7 lectures
Commentaires
Publié le 27/08/2025
Ton poème narre un temps où l’élégance et la pureté se mêlent à la fragilité de la jeunesse. C’est à la fois beau et raffiné et dans mon ressenti vain et peut-être même dans le déclin. Je me suis permis une petite annotation car il me semble qu’un mot est en trop dans le dernier tercet. Bonne nuit Francis-Etienne.
Publié le 27/08/2025
Merci Léo pour ta magnifique impression devant ce poème. J’irai encore plus loin dans l’affirmation de la sensation. Il y a quelque chose de décadent et de très autocratique dans le texte. Il semble bien que l’aristocratie, dont les premier vers fixe le cadre, se corrompt de l’intérieur, avec cette perception machiavélique que l’on retrouve aussi dans Lorenzaccio ; ce qui m’a intéressé dans la construction du poème, c’est de traduire une expression de beauté dont le luxe couvre ce monde fermé et en même temps une affirmation de la vacuité de la richesse et de la jeunesse, comme si les valeurs essentielles de la vie disparaissaient de la vie elle-même, anéanties par l’orgueil et la vanité. L’ancestralité du pouvoir s’affirme lentement jusqu’au bruit de bottes. La poésie par son pouvoir magique de mots peut décrire toutes les nuances d’une même impression ou toutes les facettes d’un même monde. Elle l’outil le plus fin dont on puisse rêver et c’est pour cela qu’elle exige d’être maniée avec précision et respect de la règle. Merci aussi Léo pour ta remarque sur la métrique d’un vers au dernier tercet. Je ne trouve pas d’anomalie, il y a bien 6 pieds soit 12 syllabes. Mais je vais y revenir. Il se peut que le « lors » employé après la césure surprenne. Merci encore de tout cœur. Une branche d’ivoire accrochée au soleil Berce tout l’univers d’un mystérieux sommeil.
Publié le 27/08/2025
Merci pour ton retour complémentaire tout aussi brillant que ton poème.
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