Tout au fond de la mort sous l’or d’une mantille
Le regard d’une dame au caravansérail
Dissimule le temps sous un doigt de corail
Que des anneaux de bronze entourent d’une anguille.
 
Ses pas effritent l’aube enchaînant sa cheville
Au souffle incandescent d’une bouche d’émail
Dont les lèvres parfois embrasent le mézail
D’un casque enluminé d’un dessin de faucille.
 
La fontaine assoupie au pied du minaret
Sonde de son sommeil le frisson d’un fleuret
Qui glisse sous le lin d’une lune d’ivoire.
 
Or l’ombre qui se cache et brusquement s’enfuit
Echappe aux griffes d’or des pages d’un grimoire
Où des secrets sans fin s’enfoncent dans la nuit.


Francis Etienne Sicard Lundquist

Soierie de marbre @2014


Publié le 23/02/2025 / 4 lectures
Commentaires
Publié le 24/02/2025
Sur le fil de la vie, à la frontière de la mort, une danse virevoltante entraînant dans sa dynamique les riches images de ta poésie féconde. Entre le passé et présent j’ai cette sensation d’un entre deux-monde où tout est encore possible.
Publié le 06/03/2025
Cher Léo, merci encore pour ce commentaire qui comme d'habitude touche à la substance profonde du texte. Cette sensation « d'un entre deux mondes » est parfaitement ressentie. Grâce à la richesse des images et de la poésie que tu qualifies de « féconde » on se faufile en effet entre la vie à la mort, entre le jeu et la réalité, entre la surprise et la contemplation. On pourrait ainsi trouver des milliers de miroirs qui se feraient face pour explorer des mondes insoupçonnés dans le reflet. Cette notion de reflet m'est très chère car elle contient cette dualité dont je suis profondément épris dans mon écriture. Elle me permet d'enrichir chaque image d'une nouvelle image, qui elle, dissimule la réalité et la déshabille de sa manifestation. Ainsi on peut trouver des tunnels qui creusent autour de nous cette sensation de parallélisme, souvent manifesté par des univers profondément éloignés et auxquels seule la poésie, à travers la substance des mots, et surtout à travers les maillons de mots, nous donne accès. Merci encore pour ta lecture si précise et surtout pour le commentaire que tu fais du texte qui comme toujours me touche beaucoup. De tout cœur, et à plus tard, Francis Étienne. Des cristaux d'univers ébruitent des parjures Que des anges en marbre adornent d'une armure.
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