Promenade au bord d’un rêve

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Les nénuphars du lac cachent sous leur dentelle
L’ample chair de la pluie où se blottit le soir
Une goutte de vent au creux d’un encensoir
Dont le parfum musqué trouble une demoiselle.
 
Des perles de vermeil tissent une coupelle
D’un doigt cerclé de fer et du bout d’un fossoir
Cisellent le cristal d’un immense ostensoir
Naissant d’un bassin d’or à la rouge margelle.
 
Des grappes de lupins aux couleurs de sommeil
Frissonnent en buissons comme un cœur en éveil
Devant l’antre d’un temple aux colonnes de nacre.
 
Une gaze de brume enveloppe le port
Puis presque à pas de loup le spectre de la mort
Se glisse entre les mots qui s’éloignent en fiacre.
 

Francis Etienne SIcard Lundquist

Soierie de marbre@ 2014


Publié le 18/03/2025 / 6 lectures
Commentaires
Publié le 19/03/2025
Toute la délicatesse et discrétion du monde en tes vers pour embrasser la beauté du sensible ; jusqu’à ce que la brume funeste ne se fasse la messagère de l’implacable faucheuse. C’est ce bien-être infini des plus précaires qui en gait toute la beauté. Merci Francis Etienne de cette nouvelle offrande.
Publié le 20/03/2025
Il y a une certaine pudeur renforcée par la délicatesse avant qu'elle ne soit rompue par la mort qui fait une entrée fracassante. Elle vient troubler l'ordre établi, ramenant à la réalité. Merci pour ce poème Francis Etienne.
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