Sous le sucre bleuté d’une nuit en bouton
Des étoiles à cristal perlent sous la fourrure
D’un ciel qui se déguise en boule de sulfure
Pour le plaisir des sens noyés dans du coton.
 
La mer glisse ses doigts sous les pieux d’un ponton
Et tisse avec émoi des lacets de guipure
Que des algues parfois mêlent à l’écriture
De quelques vers obscurs comme un vœu de Pluton.
 
Le char de l’univers traverse l’empyrée
Eclaboussant l’argent de la haute marée
Dont le regard chatoie en frissonnant d’amour.
 
Et puisque le soleil est parti dans son antre
Le sable de la dune en attendant son chantre
Couvre sa peau de miel d’une belle-de-jour.

 

Francis Etienne Sicardf Lundquist 

Soierie de marbre @2015
 


Publié le 21/03/2025 / 3 lectures
Commentaires
Publié le 22/03/2025
De cette nuit naissante s’accompagne tout un cortège poétique mystérieux et onirique. On explore la beauté de ton monde et toute sa fragilité, riches de métaphores sensibles. J’aime l’évocation de Pluton, planète si lointaine qu’elle donne au poème une immensité sans pareil. Suspendus à l’instant présent, à tes mots généreux. Bien à toi Francis Etienne.
Publié le 22/03/2025
Cher Léo, voilà un commentaire qui plonge mon cœur dans les méandres de ce que je préfère travailler : le mot. On ne soupçonne pas la profondeur de chaque mot et son lien avec les mondes oniriques, que l'association avec d'autres mots enrichit de nouvelles directions. Oui tout est fragile, presque carrossable. Il suffit d'un mot pour faire disparaître l'image que l'on a ressentie et nous plonger dans une recherche ailleurs. Tu as bien perçu i l'immensité dans laquelle on peut plonger avec juste une touche de couleur comme Pluton. Et tu as raison de dire « suspendu à l'instant présent » car cette recherche se fait dans le présent, la seule dimension du temps dans lesquels nous pouvons agir. Bien entendu il faut que le poète ne se perde pas dans l' l'hédonisme. Il lui faut une grande discipline, cette discipline, pour moi, c'est le sonnet. Sa rigidité a la solidité des télescopes. Rien ne bouge. Il y a une raison pour chaque événement dans une vie. Le poète le sait, car sans jamais traverser la prison du temps, il sait et il sent que toute la création ne peut pas se contenir dans cette bulle de temps, infranchissable, dans laquelle il devra vivre toute sa vie. Alors il se plaque contre les parois du temps et essaye de trouver les petits trous à travers lesquels il verra l'univers. Le poète s'écorche avec la beauté. Ce n'est pas étonnant que beaucoup de gens essayent de suivre ces chemins la. On voit des chanteurs, des peintres, des musiciens, des joueurs de flûte empruntaient la route qui mène à la beauté, mais en chemin, ils abandonnent, parce qu'ils refusent de se sacrifier… et pourtant..Merci Léo pour ton commentaire qui comme d'habitude, je te dis à plus tard...à toute suite. Cordialement Francis Étienne. Des lambris de soleil enflammés de satin Voltigent sous les toits barbouillés de matin.
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