La parade d’un paon aux plumes de vitrail
Eblouit le jardin d’un arc-en-ciel en soie
Que l’oiseau merveilleux soudainement déploie
Comme un nuage en feu prisonnier de l’émail.
 
La brise du matin agite l’éventail
D’un souffle parfumé que le soleil poudroie
D’une mousse nacrée où le plaisir flamboie
Sous chaque reflet d’or qui trouble le sérail.
 
Dans l’ombre du palais flotte un parfum de rêve
Dont le jasmin en fleur répand toute la sève
Sur les marbres blottis contre des corps lascifs.
 
Une fraîche fontaine à l’onde ambulatoire
Trace sur le néant les contours de récifs
Où se referme ainsi tout l’art de la mémoire.

Francis Etienne Sicard Lundquist 

Soierie de marbre @2014


Publié le 19/03/2025 / 7 lectures
Commentaires
Publié le 19/03/2025
C’est un souffle poétique puissant qui part de la roue du paon sui se déploie de par la brise jusqu’à l’immensité d’un palais et à la fois un murmure qui répand de magnifiques images et senteurs. Beaucoup de force dans une infinie douceur qui marque de son sceau mémorable la grandeur et le faste de l’infinie beauté.
Publié le 22/03/2025
Cher Léo, de tout cœur je te remercie pour ces quelques lignes de commentaires. « Le souffle poétique » part des mêmes racines que la peur. C'est ce qui fait les grands interprètes : Alfred Brendel, Maria Callas, Pablo Casals. Ce souffle poétique c'est d'abord avant d'écrire. On n'en ressent la nécessité, comme un courant d'air entre deux portes. On en a besoin pour commencer à écrire. Et c'est ainsi que l'on peut mélanger dès les premières notes si j'ose dire des voiles de douceur à des palais de marbre, car il est évident que la beauté n'est pas quelque chose d'intrinsèque à la réalité. La beauté est un relief dont le poète caresse la musique en décryptant chaque note. Il se trouve sur le visage de beaucoup d'êtres qui nous entourent: une paupière à peine éclairée, une lèvre au cœur de l'ombre, un regard volé, peut-être un silence. Il suffit d'ouvrir les yeux pour cueillir la beauté. Quel terrible anathème que de vivre dans une civilisation où tout est devenu plastique de l'âme, parce que ma génération a joué avec des cubes en bois. Merci Léo pour ce beau commentaire et à mon tour je te souhaite un bon week-end, mais avec encore de la pluie ! À plus tard Léo. Cordialement. Francis Étienne. Un parfum de vanille au bord d'un long regard Ensorcelle la nuit de son très long poignard.
Publié le 24/03/2025
Même tes commentaires sont beaux et inspirants, et toujours riches de nombreuses références qui nourrissent l’âme, merci Francis Etienne.
Publié le 24/03/2025
Cher Léo, mille mercis pour ce magnifique commentaire et pour le témoignage de ton amitié. Il est extrêmement rare de rencontrer un esprit, comme le tien, qui puisse à la fois jouir de notre conversation et commenter avec autant de sincérité et de particularité les textes que je publie. C'est pour moi aussi une magnifique occasion de creuser dans mon âme et d'y puiser les quelques richesses dont j'aime combler notre dialogue. L'écriture est un exercice purement solitaire, alors que la réponse à tes commentaires est un échange qui enrichit tout mon travail. D'ailleurs je t'en remercie de tout cœur. À très bientôt Léo et merci encore
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