Dans un creux de caverne au milieu de la nuit

Une aile de saphir jaillissant de la grève

Touche de sa splendeur un visage de rêve

Que des anges en feu dévorent comme un fruit.

 

Ce sont des conquérants dont le souffle conduit

Vers les murs d’un convent profitant d’une trêve

Pour écrire le temps d’une phrase très brève

Que le soleil pourtant à sa bouche réduit.

 

Parfois pleuvent des cieux des larmes de porphyre

Et sur la mer en flamme un grondement de lyre

Glisse comme un éclair privé de liberté.

 

Les roches de la terre et les fleuves de l’Inde

Fondent enfin leur chair dans une mare d’inde

Qui rappelle les sens à leur sombre fierté.  

 

Francis-Etienne Sicard Lundquist

Griffes d'orties @2015

 


Publié le 25/08/2025 / 7 lectures
Commentaires
Publié le 25/08/2025
Bonsoir Francis-Etienne ! Je viens de découvrir le maçonnique convent et le porphyre qui associé aux larmes sont comme des pleurs de majesté et j’ai juste coincé sur inde avec un « i » minuscule que je n’identifiais pas avant de m’en remettre au dictionnaire papier dont l’indexation du mot est plus sûr que n’importe quel moteur de recherche :-) De la lumière jaillit la connaissance, des mots ils l’ancrent, et tes vers la transcende… le titre est la représentation puissante de ce qu’évoque ton poème, merci de ce partage bouillonnant.
Publié le 26/08/2025
Cher Léo, un pas de plus vers le monde merveilleux que tu m’offres à chacune de tes lectures, comme si le texte s’enrichissait de la brillance de ton esprit. Merci encore de tout mo cœur. Dans l’espace si concis du sonnet, on doit trouver un rythme soutenu qui ne laisse pas le temps au lecteur de flâner sur un sentier secondaire mais on doit l’éblouir par la profusion des sentiers qu’il pourrait emprunter et ainsi devancer son esprit avant qu’il n’ait eu le temps de s’attarder sur une invitation à rêver. La richesse du détail est essentielle et elle commande cette technique d’écriture que le Duc de Saint Simon utilise abondamment, comme si la surenchère de détails suffisait au récit, rendant la narration proche d’une forme de réalité presque vivante et pourtant narrée. Toutes mes lectures me servent dans le mode d’expression que j’ai choisi. On peut alors se poser la question de l’influence d’un auteur sur notre propre expression. Peut-on avoir un style propre, indépendant de nos lectures, ou au contraire cisèle-t-on notre écriture à l’outil d’un autre écrivain ? Je suis convaincu que nous puisons dans nos lectures des attitudes de composition dont nous fondons la matière « en fusion » dans notre singulière création. Ainsi sans plagier, nous nous parfumons de Proust ou de Rimbaud, comme si sous avions choisi de présenter notre travail avec l’élégance d’une femme dont le parfum invisible habille nos sens d’une admiration pour la beauté dont le moindre détail nous fascine. Merci encore Léo de me permettre de préciser autant de détails en répondant à tes si généreux commentaires. Merci encore de tout cœur, et à tout de suite. Francis-Etienne. Sous la voûte d’un ciel à la tiède douceur Jaillit parfois un rire aux lèvres d’un noceur.
Connectez-vous pour répondre