Comme la neige poudre un revers de fourrure
D’un sucre de ciel gris qui fond au bout d’un fil
Ainsi glisse le temps dont le constant profil
Creuse l’or et l’argent d’une large échancrure.
 
Un gant de satin noir tourne dans la serrure
Une clef de porphyre à l’odeur de grésil
Dont les lèvres d’un chat dévorent le pistil
Sous le porche d’un temple à la sobre parure.
 
De la poche du soir tombe un peu de couleur
Sur des roches de sel où soudain une fleur
Blottit son oriflamme au creux de la banquise.
 
Car presque sans bouger le regard d’un serpent
Couve de son venin le toit d’une remise
Où sautille un oiseau qui joue au chenapan.

Francis Etienne Siicard Lundquist 

Soierie de marbre @2015
 


Publié le 11/02/2025 / 5 lectures
Commentaires
Publié le 13/02/2025
Ce gazouillis si lointain qui saupoudre l’âme du lecteur conquis que je suis. Une course effrénée d’images en images aussi surprenantes que fantaisistes, comme une ronde infinie, comme le serait le cycle des existences qui se succèdent avec panache. Merci Francis Etienne, j’ai aimé cet enchaînement audacieux.
Publié le 13/02/2025
Cher Léo, merci encore une fois pour ton commentaire et ton magnifique enthousiasme qui me réchauffe le cœur et l'âme. Tu parles d'un « cycle des existences » comme s'il y avait une résurrection des êtres. Je partage avec toi cette opinion je crois que nous viendrons après la mort nous-mêmes différents, peut-être les mots alors auront-ils le pouvoir de nous faire voyager dans des mondes gardés clos à nos yeux, mais que nous soupçonnons à travers la poésie, cette essence de l'existence que je recherche dans « une course effrénée d'images en images ». Le poète construit des passerelles à peine jetées au-dessus du vide. Il déforme la réalité, il en creuse la terre pour y chercher ces pépites d'or qui font de chaque texte un merveilleux arc en ciels de rêve, et d'espoir. Le poète sait qu'il faut traverser le miroir. Il n'en parle pas parce que personne ne comprendrait. Alors avec sa boîte de couleur il écrit ce qu'il voit, ce qu'il entend, ce qu'il sent, et revenant de ce côté-là du miroir il écrit. Merci encore 1000 fois pour ton commentaire et comme d'habitude je te dis à plus tard. Cordialement, Francis Étienne. Le temps coule toujours sur les pierres des gués, comme si dans le ciel on était aux aguets.
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