C’est au cœur de la nuit que l’ombre cherche l’eau
Mais parfois sous les ponts elle pique sa robe
D’une aiguille de vent dont la beauté de l’aube
Brasse le grain sucré comme un bout de carreau.
 
Des filaments sans fin entortillent la peau
D’une bannière d’or qui soudain se dérobe
Sous des doigts engourdis par le poids d’un engobe
Colorant de sa braise une mèche en drapeau.
 
Il renaît du passé des arches de souffrance
Que les mâts fracassés par une longue errance
Transportent jusqu’au port où s’endormait l’oubli.
 
Qu’importe le soleil si le froid de la tombe
Replie un drap de sang qu’un corps presque anobli
Tâche de son silence au bec d’une colombe ?

Francis Etienne Sicard Lundquist 

Soierie de marbre @2014
 
 


Publié le 27/03/2025 / 3 lectures
Commentaires
Publié le 28/03/2025
Lorsque la nature se fait coquette, ne lésine pas à se faire belle pour maquiller les failles et des souffrances indicibles, comme une ballerine serrant les dents à faire des pointes sous le poids des âges contrariés. J’ai une ilage qui me vient avec Sisyphe qui laisserait s’échapper cette roche qui dévalerait et ravagerait tout sur son passage après tant d’efforts. A plus tard Francis Etienne, et merci surtout.
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