Quand la voix du soleil au cœur de Samarcande
Egraine autour du marbre un parfum d’abricot
La lèvre de l’enfant comme un coquelicot
Se colore du feu d’une bouche gourmande.
 
Les cours et les balcons où pousse la lavande
Se couvrent des couleurs d’un riche calicot
Ou se fondent soudain sous le drap d’un escot
D’une robe de deuil ou d’une houppelande.
 
Les miroirs suspendus aux murs des jours passés
Traversent la pénombre où se sont amassés
Des hommes sans désir et presque sans visage.
 
Puis les chameaux errants repoussent le destin
Vers le marché public et pourtant clandestin
De marchands de regrets qui vendent du mirage.

Francis Etienne Sicard Lundquist

Soierie de marbre @2014
 


Publié le 22/03/2025 / 3 lectures
Commentaires
Publié le 22/03/2025
Samarcande la légendaire, la mythique cité chargée d’histoire trouve en ton poème un magnifique hommage, d’où je perçois également jusqu’à ce que ce soit formalisé dans le derniers vers, de vifs regrets. A l’échelle de l’humanité et de l’Histoire tout semble bien terne aujourd’hui. Heureusement que les lettres et les poètes comme toi cultivent le souvenir et ne cessent d’ériger par les mots la magnificence de lieux demeureront par ce bais éternels. Merci Francis Etienne.
Publié le 22/03/2025
Cher Léo, que voilà un commentaire magnifique dans lequel tu as puisé l'essentiel de ce poème : la légende. Je pense que si l'on demande à qui que ce soit de situer Samarcande, presque personne n'est capable de pointer le doigt sur une carte. Pourquoi ? Simplement à cause du fait que Samarcande est une légende, je dirais presque un mythe. C'est aussi un de ces mots que notre mémoire cultive avec nostalgie comme par exemple Pondichéry, Bangkok, ou Bruges. Nous avons tous rêvés sur ces mots, nous avons tous creusés la terre de notre âme pour y trouver ces perles. Et Samarcande se dessine en nous, dès que, déjà l'école primaire, nous avançons dans la connaissance parallèle à l'enseignement de l'histoire, de la géographie ou de quelconque réalité. Oui c'est vrai Samarcande a été, un des joyaux de la civilisation de l'histoire, et la seule façon de retrouver la splendeur c'est de dans la poésie, et dans la perception que le poète s'en fait. Il y voit l'orient, ses secrets; ses parfums, sa certitude de perdurer, son immobilisme du temps, et surtout sa richesse. Merci Léo pour avoir ouvert une page de mon écriture avec autant de brio. Merci encore de tout cœur et à bientôt, à tout de suite. Cordialement, Francis Étienne. Des papillotes d'or flottent dans l'air marin comme des papillons aux yeux de mandarin.
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