Un arlequin brodé sur un coin de rideau
Passe à travers le temps comme un souffle de verre
Que le soleil emplit d’un grand coup de tonnerre
Pour donner aux enfants un éclair en cadeau.
 
Sur le frêle ponton d’un éternel radeau
Des chevaliers de bois la main au cimeterre
Bravent de leurs deux bras les monstres de la terre
Qui rugissent enchaînés sous un puissant fardeau.
 
Des libellules d’or frôlent de leur dentelle
Le toit gris d’une tour où toute sentinelle
Chasse de ses deux pieds une chauve-souris.
 
Puis la ronde des mots tourne autour de la lune
Traçant des serpentins de tous les coloris
Que les anges rieurs plongent dans la lagune.

Francis Etienne Sicard Lundquist 

Soieries de marbre @]2014
 


Publié le 03/11/2024 / 6 lectures
Commentaires
Publié le 03/11/2024
Il y a comme une ode à l’enfance, emprunte de fantaisie et d’imagination, propice aux plus grandes aventure. Comme toutes les histoires que l’on se raconte comme pour défier la monotonie de l’ennuie. Ces mots qui entrent dans une ronde autour de la lune, couronne l’audace des anges qui ont su de leur rire, border les rêves d’une humanité assoupie. Ce n’est pas rien, et je t’en remercie très cher Francis Etienne.
Publié le 07/11/2024
Cher Léo, merci encore pour ce magnifique commentaire et pour la reconnaissance de la puissance de l'enfance à travers ce poème. Je reste persuadé que l'enfance est la période la plus importante de notre vie, et probablement la plus poétique de notre vie. Nous remplissons l'univers qui nous entoure de nos rêves ou plutôt de nos créations. Un caillou pour un enfant peut-être un éléphant ou un bateau, parce qu'il a la capacité poétique que l'adulte va perdre petit à petit à reconstruire un monde dans lequel il associe, comme je le fais dans mes sonnets, des bribes de réalité à des univers poétiques. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas de méchant. L'ogre par exemple est un personnage essentiel de l'enfance, car il représente le danger mais aussi la renaissance lorsque l'enfant aura vaincu ce danger. L'enfant est maladroit dans la construction de son monde, mais il est très habile dans le jeu avec ce monde. Me souvenir de mon enfance c'est précisément et depuis toujours ce que je recherche dans la création poétique , ce qui explique qu'à mon âge je puisse me passionner à la lecture de Don Quichotte, ou que je me plonge avec délice dans les contes du chat perché. Je suis profondément persuadé que la poésie nait de notre enfance et de notre capacité à jouer avec les mots. Les dialogues d'une petite fille avec sa poupée sont une réalité qui va disparaître avec l'adolescence ; le morceau de bois qui vole comme un avion va disparaître au moment où notre corps va se transformer. J'essaye parfois à travers la poésie à retrouver ce regard d'enfant, simplement, mais uniquement avec les mots. Merci Léo pour ce joli commentaire qui me touche beaucoup et qui comme d'habitude va au fond de la lecture de ce texte. Je te dis à très bientôt et à plus tard. Cordialement, Francis Étienne. Sur le cheval de bois qui traverse l'enfance nous chevauchons le temps et sa longue romance.
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