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Le sable chatoyant d’un éclat cristallin
Coule entre les reflets d’un joyau solitaire
Griffé par l’or bleuté d’une fleur de cataire
Dont la moire du ciel boit le gouffre opalin.
 
Sous les arches de soir un enfant orphelin
Mendie en grelottant devant un caudataire
Qui traverse la cour d’un pas autoritaire
Pour chasser du trésor les mouches du malin.
 
Des bulles de lin blanc comme des germes d’astre
Boursouflent le col noir d’un antique alabastre
Que de riches parfums emplissent de brouillard.
 
Puis une ombre se glisse au bord d’une margelle
En étanchant la soif d’un fils que l’on flagelle
D’une sangle cloutée en peau de léopard.  
 

Francis Etienne Sicard Lundquist 

Soierie de marbre @2014


Publié le 25/03/2025 / 4 lectures
Commentaires
Publié le 25/03/2025
Entre beauté et douleur, innocence et servitude (je découvre par ailleurs ce qu’est un caudataire), on est malmené, car plongé dans le beau et immédiatement agrippé par le rude, comme un balancier, ou un métronome calé sur la musicalité de ta belle poésie interdisant paix et repos. A plus tard Francis Etienne.
Publié le 25/03/2025
Cher Léo, merci encore une fois pour un beau commentaire dans lequel tu te réjouis d'avoir trouvé un nouveau mot, un mot que j'aime bien, parce qu'il est laid, à la fois en tant que sonorité (je ne peux pas m'empêcher de penser au mot propriétaire et à son fameux loyer à payer !) mais encore en temps que désignant un personnage dont l'habit fait le moine. Or la poésie est aussi l'art d'incruster dans la beauté des points de laideur, et de les faire briller comme de véritables joyaux. J'aime beaucoup ton expression : « être plongé dans le beau et immédiatement agrippé par le rude. » C'est exactement ce que je recherche, et c'est ce que je fais à travers le choix des mots et des images. La poésie n'est pas la béatification du beau mais elle reste bien le reflet de la réalité. Et nous sommes tous pris par « un métronome interdisant paix et repos ». Nous savons bien que les moments merveilleux que nous passons sur terre sont tous limités et surtout ce ce fameux métronome nous use. Merci Léo pour ce commentaire qui me touche, et qui m'a permis de m'enfoncer encore un peu dans ma recherche et surtout qui fait mouche sur ce texte. Merci encore de tout cœur Léo, et à plus tard. Cordialement Francis Étienne. Les rênes du cocher étranglent dans la nuit Un reste de sommeil qui lentement s'enfuit.
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