A la fontaine d’or un ange en barbotine
Trempe ses doigts de fleurs dans des flaques de ciel
Pour caresser la mer dont les baisers de miel
Parfument les cyprès d’une touche câline.
 
Des traces de couleurs empaillent l’opaline
D’un vitrail de nuage où s’abreuvent de fiel
Les crabes de l’étang et les mots au pluriel
Qui tachent les cahiers de leur cruelle épine.
 
Des masques habités par des yeux de rubis
Regardent les flamands aux désirs ébaudis
Par le souffle marin d’une barque de moire.
 
Longtemps l’ombre du jour repousse le sommeil
Aux portes de la nuit que des gens sans histoire
Percent alors d’un clou qui rouille le soleil.
 

Francis Etienne Sicard Lundquist 

Soierie de marbre@2014


Publié le 15/02/2025 / 4 lectures
Commentaires
Publié le 17/02/2025
C’est un magnifique poème qui somnole à la douceur et à la bienveillance des anges en attendant les rêves qui envelopperont les âmes des gens sans histoire. La cruelle épine et le clou rouillé suggèrent que tout n’est cependant pas exempt d’âpreté. Merci et bonne journée Francis Etienne.
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