De l’aube enchevêtrée aux ronces d’un orage
S’échappent des éclairs qui froissent le papier
D’un ciel abandonné dans les mains d’un fripier
Traversant le poitrail d’un sombre marécage.
 
L’épave d’un navire avouant son naufrage
S’enfonce lentement dans le cœur d’un pourpier
Dont les racines d’or touchent de leur trépied
L’orbe de l’univers recouvert de cirage.
 
Des rubans de salive au goût terne de l’eau
Embrouillent à leur fils les marbres d’un caveau
Où se rouille sans fin le bruit d’une ferraille.
 
Parfois pourtant le vent déplace en vain le seuil
Qui sépare le temps d’une botte de paille
Pour couvrir de son sang la tristesse d’un deuil.  

Francis Etienne Sicard Lundquist

Soierie de marbre @2014
 


Publié le 15/03/2025 / 6 lectures
Commentaires
Publié le 15/03/2025
La toute puissance de la nature s’impose dans ton poème. Un tourbillon d’éléments qui n’auront pas de mal à faire tomber toutes les branches de vérités. Enter mer et ciel, un horizon funeste, comme pour consacrer une fatalité inexorable… le seuil et le deuil, ces points de passage pour disparaître à tout jamais. Puissant, et c’est l’humilité qui s’impose après lecture, merci Francis-Etienne.
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