Des lianes de feu cousent sur le jardin
Des cristaux de ciel bleu et des rubans d’ivoire
Que la fontaine en fleurs où se baigne une poire
Cueille en clignant des yeux pour séduire un ondin.
 
Sur le carreau brûlant d’un reste de gradin
Un lézard paresseux plonge la préhistoire
Dans un rêve endormi comme un mouchoir de moire
Oublié par le vent qui joue au baladin.
 
Les lilas et les lys mêlent leur parfum d’ange
Dans des grappes de blancs que des bourgeons d’orange
Tachent d’un trait teinté d’une encre de soleil.
 
Un bourdon en passant ébouriffe une rose
Puis bouscule un œillet au cœur de son sommeil
Qu’un papillon lassé quitte d’un air morose.

Francis Etienne Sicard Lundquist

Soierie de marbre@2014


Publié le 22/02/2025 / 3 lectures
Commentaires
Publié le 22/02/2025
Magnifique poème où la nature s’impose de toutes ses couleurs. Comme s’il s’agissait d’un paradis terrestre tant recherché. Flore et faune en harmonie pour une très belle toile impressionniste que l’on contemple en toute quiétude. Merci pour ce murmure de paix qui fait du bien à l’âme.
Publié le 22/02/2025
Cher Léo, merci pour cette magnifique remarque encore une fois où tu retrouves bien ces touches impressionnistes de mon écriture. Oui la nature m'a beaucoup inspiré, ou je devrais plutôt dire que la nature m'a beaucoup charmé. J'ai eu la chance de vivre pendant de nombreuses années dans une magnifique maison avec un jardin enchanteur où de saison en saison je voyais s'éclore la rose ou se flétrir l'Iris. Près du puits, quelques violettes se mêlaient au premier crocus. On ne peut pas oublier des tableaux de cet ordre. Et la véritable impressionnisme est pour moi la fonte de ces milliers d'impressions que l'on peut ressentir dans la nature ou ailleurs. Ainsi on trouve le mot juste pour du parfum, pour de la couleur, pour de la douceur, pour de la rigueur, pour de la lumière et pour de l'ombre. Et comme un impressionniste, on rassemble dans un seul poème tout un monde dont le moindre détail ouvre en chacun d'entre nous un univers que nous avons tous connu un jour quelque part. Qui n'a pas senti l'odeur de la mer, qui n'a pas senti le parfum d'une rose et qui n'a pas senti la douceur de l'herbe fraîche du printemps. Être poète, et tu le sais, c'est partagé avec les mots ce que chacun d'entre nous connaît déjà depuis longtemps. Merci Léo pour ce commentaire magnifique et surtout pour ta grande fidélité je te dis à très bientôt et je t'embrasse. Cordialement Francis Étienne. Une abeille habillée en vieille sorcière Butine en chantonnant sur une roncière.
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