Correspondances

Publié le 14/08/2021
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J’avais à peine six ans lorsque pour la première fois, j’interceptai le courrier de ma mère. Debout derrière l’écritoire dont la tablette me sciait le bas du menton, j’observais sous toutes leurs coutures les lettres distribuées en cette fin de matinée. Ma mère ne les ouvrirait qu’en début d’après-midi et à cette heure-là, j’aurai déjà repris le chemin de l’école. Je ne comprenais pas son besoin impérieux de s’isoler pour accomplir cette besogne si triviale que de décacheter des enveloppes : se munir d’un coupe-papier, le glisser avec habileté sous le rabat et d’un geste désinvolte, l’agiter d’arrière en avant avec ce petit froissement qui me faisait saliver de curiosité.



Pendant qu’elle préparait le repas, elle me regardait en coin, s’amusant de la minutie avec laquelle j’examinais les timbres poste. Tantôt je flashais sur les rouges, tantôt sur les châteaux, tantôt sur les tableaux de grands maîtres. Elle les découperait et me les donnerait, ils viendraient enrichir ma collection. Elle avait également remarqué les efforts que je déployais pour tenter de déchiffrer les adresses, ce qui l’incita à m’enseigner les premiers rudiments du tri postal. Il suffisait de regarder la ligne du haut. Si l’un des mots commençait par la lettre L – L comme Lucien –, c’était pour papa, s’il commençait par la lettre R – R comme Rosalie –, c’était pour maman. Tout fier de mes nouvelles fonctions, je faisais donc deux tas. Un pour papa, un pour maman. J’ai toujours espéré que la lettre H fût à l’honneur – H comme Hugo –, ce qui aurait généré un troisième tas mais il n’y eut jamais de lettre H. Il n’y avait jamais aucun courrier pour moi.



Alors que je faisais défiler les enveloppes devant mes yeux, mon regard fut attiré par l’une d’entre elles. Rien dans son format ni sa couleur ni son odeur ne la distinguait de ses voisines et pourtant, elle se retrouva sous mon pullover avant que j’aie eu le temps de la saisir au vol. Très vite, je m’enfermai dans ma chambre pour l’examiner de plus près mais hélas, il fallut déjà se rendre à table et en hâte, je dissimulai la coquine sous mon oreiller.



L’après-midi me parut interminable. À la récréation, je refusai de jouer aux billes et restai figé, sous le platane, à me faire du mauvais sang. Je voyais la lettre s’échapper de mon lit et tournicoter autour du secrétaire de ma mère jusqu’à ce que celle-ci se décidât enfin à l’ouvrir. J’apercevais mon institutrice me pointer du doigt, hilare, ravie d’avoir divulgué le secret qui nous unissait car c’était bien son écriture qui s’étalait sur l’enveloppe. Ma maîtresse avait écrit à mes parents et l’objet de son message ne faisait aucun doute. La traîtresse !



Ce que mes géniteurs ignoraient en effet, c’est que leur fils savait lire avant même d’entrer à la grande école. Personne n’était au courant. J’avais préféré tenir ma langue, persuadé que mes nouveaux pouvoirs allaient me servir bientôt. À l’école, j’ânonnais, comme les autres. Je butais sur les mots, comme les autres, un peu plus souvent que les autres. Sans doute en ai-je fait de trop. Ma maîtresse a souhaité en avoir le cœur net et juste avant la pause du matin, elle m’avait épinglé :



— Hugo, je te prie de rester en classe. Tu reprendras ta lecture. Il y a de gros retards à rattraper.



Ce jour-là, sa langue de vipère m’avait assassiné en public mais j’avais découvert combien son regard m’aimait. Tandis que dans une effroyable cacophonie, le troupeau des ânes sortait s’ébattre dans la cour, je lui dévoilai tout. Oui, je savais lire. Non, personne ne m’avait appris. Oui, je lisais tous les jours. C’était venu tout seul, très vite. Un jour, je ne savais pas lire. Le lendemain, je savais lire. Non, je ne l’avais pas dit à mes parents. Oui, je me cachais. Oui, j’aimais lire.



J’avais craint son courroux mais elle reçut mon aveu avec beaucoup d’attention, sans paraître surprise outre mesure. Elle se dirigea alors vers son vieux cartable duquel fut brandi un magnifique ouvrage à la tranche dorée provenant de sa collection personnelle et choisi à mon intention.



— Personne ne t’attend à la maison le soir, n’est-ce pas ?



Et comme je restai de marbre, sentant sur mon ventre le métal de la clef que je portais autour du cou elle ajouta :



— Je m’arrangerai avec tes parents. Tu es un enfant intelligent et fragile qui a besoin d’un soutien personnalisé. Nous commencerons par « Les Trois Mousquetaires ». Bien entendu, pas un mot.



C’est ainsi que Mademoiselle m’initia à la grande littérature. Après quelques extraits d’Alexandre Dumas, je plongeai dans les égouts de Paris et tremblai de toutes mes tripes aux côtés de Gavroche. Nous en étions à l’assaut des barricades lorsque la fameuse lettre arriva. En quelques lignes, elle allait démolir tout mon univers et rompre le pacte. Il était de mon devoir de soustraire ce courrier à la vue de ma mère.



Lorsque je revins de l’école en cette fin d’après-midi, haletant d’avoir tant couru et après avoir supporté les tribulations d’un gamin qui aurait mieux fait de rester chez lui plutôt que de fanfaronner et d’aller se faire éclater la tronche devant le Tout-Paris, j’arrachai l’oreiller. Rien. Sous le lit, plus rien. Entre les draps, rien non plus. Dans mon pyjama, pas davantage. L’enveloppe s’était volatilisée. Qui l’avait volée ? Que contenait-elle ? Y avait-il un message particulier à mon encontre ? Quelqu’un en avait-il pris connaissance ? Faute de réponses à mes angoisses, je me mis à détester ma maîtresse et à redouter ma mère. Ce soir-là, je n’osai pas me risquer hors de mes pénates. Rien que l’idée de son regard me glaçait le sang. Sans dîner, je me réfugiai dans mon lit et n’en bougeai plus.



Mais le spectre du doute et de la honte me poursuivit jusque sous les couvertures. Des formes gluantes et nauséabondes affluèrent du néant et m’encerclèrent. De petites sphères blanches se détachèrent de la masse principale pour se faufiler dans mes trous de nez. D’autres s’introduisirent dans ma bouche, d’autres encore, dans ma culotte. À minuit, l’esprit sectionna mon zizi et je hurlai de terreur.



Vingt ans plus tard.



Rue des Croisés, numéro 23. La bâtisse de verre s’impose dans le paysage et rythme le regard. Neuf heures sonnent au clocher de l’église Saint-Bruno. Il est grand temps d’aller pointer, j’aurai à peine une minute de retard. Je franchis le sas d’entrée, salue d’un mouvement de tête la créature faisant office de standardiste mais qui, au vu de la rigidité de son visage, aurait meilleur temps de rejoindre les poupées de cire du musée Grévin et me dirige vers les étages, laissant de l’autre côté du tourniquet les fantômes de mon enfance.



Le bureau est silencieux et vide. Sébastien, mon seul et unique collègue, manquerait-il à l’appel ? Des volutes de renfermé chatouillent mes naseaux. En hâte, j’ouvre les deux fenêtres. Je reste un moment accoudé à la rambarde, statique, les yeux mi-clos, humant une dernière fois l’air frais du matin et me laissant bercer par le tourbillon de quelques feuilles d’arbres orangées jouant à cache-cache entre les branches d’un imposant frêne avant d’achever leur course sur le sol. Un souffle d’air s’engouffre dans la pièce et me fouette au passage. Des feuilles blanches s’élancent dans les airs, planent, hésitent, virevoltent avant de piquer du nez, elles aussi, et de s’écraser à terre. Je rassemble les malheureuses par paquets que j’empile de façon grossière.



C’est alors que je distingue une petite enveloppe dont le coin corné dépasse du tas. Je m’apprête à la ranger dans le placard des fournitures mais n’y parviens pas. Une voix intérieure s’y oppose avec fermeté. Interloqué, j’examine cette enveloppe d’un peu plus près. Elle est cachetée mais aucune inscription n’est visible à l’extérieur. En la soupesant, je jurerais qu’elle contient autre chose que du vide. L’examen par transparence se révèle des plus intéressants. Non seulement la présence d’une feuille de papier est confirmée mais il apparaît en plus que celle-ci est griffonnée à la main. Hélas, il ne m’est pas possible, même avec le secours de ma nouvelle lampe de bureau, d’en déchiffrer une seule bribe. Depuis quand cette lettre se trouve-t-elle ici ? Une heure, un jour, un mois ? À qui s’adresse-t-elle ? À lui ou à moi ? Rien n’indique que j’en sois le destinataire. Rien n’indique non plus que je ne le suis pas. Sans hésiter, je déchire l’enveloppe.



De taille moyenne et à peine inclinée sur la droite, l’écriture présente un aspect général féminin. Les arrondis pullulent, aspirant dans leur giron le regard insouciant du mâle pubère. Il s’agit d’une invitation émanant d’une certaine Claudia, secrétaire au service urbanisme, qui officie à l’étage supérieur. Discrète quoiqu’audacieuse, bien moulée et… célibataire que je sache. Une rencontre est proposée le surlendemain, le vendredi 14 octobre à 18 heures, rue Victor Hugo.



Bon sang !



À vingt-neuf ans, Sébastien est encore puceau. Tout le monde le sait. En revanche, l’intéressé ignore que derrière son dos, ça jase. À vingt-neuf ans, Sébastien pense très fort au mariage mais hélas, le mariage ne pense pas à lui. D’aucuns pourraient incriminer le physique quelque peu replet de l’individu. Je n’en crois rien. Un peu de marche à pied et une belle histoire d’amour suffiraient à faire fondre notre bonhomme. Le véritable barrage, c’est Maman. « Manman », comme il dit tout le temps. Étouffante, omniprésente et fonctionnant en permanence sur le mode nourricier.



Le drame de l’affaire, c’est que Manman est employée à la restauration municipale. Toute la matinée, elle fait la tambouille. Elle sait qu’à midi, son fiston l’avalera de bon cœur. Elle aurait bien voulu occuper un poste au contact des usagers, aux plats chauds de préférence, afin de veiller, entre autres, à ce que son petit chéri ne manque de rien. Depuis dix-sept ans, elle se languit aux fourneaux. Depuis dix-sept ans, elle renouvelle sa demande. Depuis dix-sept ans, l’administration fait la sourde oreille. Alors elle a mandaté ses copines. Depuis dix-sept ans, les copines filent droit. Sébastien peut donc dévaliser le self à discrétion, la seule limite à ses pulsions étant la surface de son plateau ainsi que l’éventuelle vacuité des grosses gamelles en cuisine. Depuis peu et pour pallier cette éventualité, Manman a mis en place un nouveau stratagème à l’usage exclusif de sa progéniture : elle exige désormais que son plat principal soit servi dans une assiette creuse. « Ça contient plus et ça ne se voit pas. Et c’est pas plus cher ! »



Chaque jour, Sébastien prend du poids. Cela l’indispose mais que ne ferait-il pas pour contenter Manman ? En effet, Sébastien a une obsession : celle de plaire. Il veut plaire mais il ne plaît pas. Et il le sait. À défaut, Sébastien tente de ne pas déplaire. Il n’y arrive pas davantage mais il ne le sait pas. En réalité, Sébastien agace. Sa gentillesse, sa naïveté, sa sollicitude me sortent par les yeux. Pourtant, c’est lui qui m’a accueilli le premier jour de ma prise de fonction. Je débordais d’élan, je pensais que la vie active me déroulerait le tapis rouge mais au fond de moi, j’avais les chocottes. Sa jovialité et son aisance relationnelle m’ont redonné du baume au cœur.



— L’essentiel à maîtriser lorsqu’on travaille au service des marchés publics, m’avait-il révélé sur le ton de la confidence, ce sont les rouages intimes d’une photocopieuse. Très vite, la machine peut devenir ta meilleure alliée ou bien ta pire ennemie. Tu verras, je te donnerai quelques tuyaux.



Sébastien lui, ne s’est pas laissé dompter par la machine. C’est lui qui l’a domptée. Il est même devenu expert en la matière. Sa renommée et sa disponibilité ont franchi les étages et on le sollicite au moindre pépin, surtout dès qu’il s’agit de changer le toner, ce qu’il exécute à merveille sans jamais rechigner ni maculer les chemises blanches qu’il porte à longueur d’année. Un jour, il m’a expliqué que chaque soir, il donnait son linge à laver à Manman, que celle-ci comptait les taches et qu’elle les frottait une à une avec un produit spécial. Comme il pense très fort à elle, il veut lui épargner du travail car « après tout, même si j’ai grandi, même si je suis un homme, elle reste ma Manman ».



Et toi, tu restes mort dans l’œuf !



Il est vrai que dès la naissance, Manman a noyé son fils dans les eaux maternelles. En se substituant à lui, elle a bridé son individualité, s’interposant de façon systématique entre lui et le monde extérieur. Elle l’a couvé et materné, oubliant que les années défilaient et que son petit chérubin ne demandait qu’à grandir et à s’autonomiser. Aujourd’hui, elle a gagné : Sébastien est bel et bien prisonnier.



À vingt-neuf ans, Sébastien ne comprend toujours pas. Il ne comprend pas que si plusieurs fois par jour je l’envoie aux fourneaux – entendons-nous, à la photocopieuse puisque très souvent, il embarque d’office le paquet d’originaux que je prépare à son intention –, c’est pour qu’il me débarrasse le plancher. À chacune de ses escapades, j’ose tabler sur une petite demi-heure de répit, il faut toujours faire la queue, les minettes ont une de ces tchatches, pour une fois ça m’arrange. Ça m’arrange d’échapper à sa bienveillance hypertrophiée. Ça m’arrange d’échapper aux multiples relents de sueur que dégage son corps tout entier. Mais aujourd’hui, comment pourrais-je lui jeter la pierre ? Au nom de quelle morale déroberais-je un courrier qui lui est sans doute destiné ? Qui suis-je pour oser m’interposer dans ses aventures et infléchir son existence ? Et cette lettre qui me chatouille les doigts…



— Zalut, z’ai du retard. Ze vais voir le sef. Z’en ai pour deux minutes.



Tout à mes réflexions, je ne l’ai pas entendu entrer. Sébastien a dû me trouver tout couillon en me voyant rêvasser avec un bout de papier à la main. Pour une fois, les rôles se sont inversés. Combien de fois les collègues – moi y compris – se sont fichus de sa gueule :



— Bonzour, ze zuis Zébaztien.



— Comment vous dites ?



— Zé-baz-tien.



À vingt-neuf ans, Sébastien zozote encore. Cela ne sert ni son quotidien, ni ses projets matrimoniaux. Sébastien ! Quelle idée ! Sa mère aurait préféré l’appeler Anthony, comme si son sixième sens l’avait alertée du défaut linguistique à venir, je le sais, je sais beaucoup de choses sur elle, beaucoup trop d’ailleurs mais le père a tranché et dans un sursaut d’autoritarisme qu’il confond encore avec la notion de virilité, il a déclaré à la mairie du XVe la naissance d’un enfant de sexe mâle, portant les prénoms dans l’ordre de Sébastien, Stanislas, Alexis, Vanceslas, Christophe tandis que la jeune accouchée se battait en duel avec son sexe découpé puis recousu, intervention rendue indispensable au vu de l’énormité du poupon.



Si les deux parents avaient écouté la voix de la sagesse, s’ils avaient accepté de le prénommer Anthony par exemple, le doute aurait été levé et à l’heure actuelle, je saurais si l’invitation mystère s’adresse à Sébastien Stanislas ou bien à Hugo Sébastien, c’est-à-dire à moi-même. Car moi aussi je m’appelle Sébastien. Il s’agit de mon deuxième prénom.



Avec un peu de chance, la lettre est pour moi. Je le désire, je le souhaite, je l’espère, je le veux. Avec un peu d’honnêteté, je crois savoir pourtant qu’elle ne l’est pas. Certes, c’est bien le graphisme « Sébastien » qui figure tout en haut de la feuille, sur la première ligne mais qui, à part mes parents, est au courant de cet autre prénom ? Certainement pas la secrétaire…



Le billet repose donc là, à portée de main, déposé avec négligence et résignation sur le bureau de celui qui peu à peu, devient mon concurrent. Et si je me berçais d’illusions ? Je me vois déjà arrivant au Comptoir des Îles, chaussures italiennes, queue-de-pie et nœud papillon, prêt à conquérir la Féminité. Voyons, Claudia serait-elle plutôt… ?



— Dis donc toi, t’es pas zêné d’ouvrir le courrier dez autres !



Voilà bien la première fois que je me fais tancer par mon collègue, lui qui ne s’est jamais rebellé.



— C’est pas ma faute, ai-je rétorqué la main dans le sac après quelque hésitation, y avait rien sur l’enveloppe. Je te jure. Je pouvais pas savoir !



— Montre l’enveloppe ! Bon, tu as raison. Alors maintenant, tu sais tout…



Non Sébastien, je ne sais pas tout, j’en sais même très peu. Tout ce que tu m’as dit de toi, je m’en fiche en réalité. Je ne suis sûr que d’une chose, c’est de mon incapacité à tenir une enveloppe sans la décacheter. Du reste, cette pulsion ne date pas d’hier. Je me fais violence au bureau parce qu’ici, il n’y a rien de bien intéressant à espincher, la correspondance concerne des dossiers et non des personnes. Le doute Sébastien, le doute du message, tu ne comprends pas ? Ma mère. Ses yeux de glace. Son fusil sur l’épaule. Depuis le jour où j’ai subtilisé la première lettre, celle de Mademoiselle, celle que je n’ai jamais retrouvée, je suis passé à ses yeux pour un voleur, un menteur et un bon-à-rien. Elle me l’a toujours fait sentir et aujourd’hui, je ne le supporte plus. Chienne d’enfance qui me pourchasse, qui m’enlace de sa prison blanche, qui se faufile partout, dans mes narines, entre mes dents et dans mon slip. Lâche-moi la grappe !



Il a eu l’air de comprendre. Pourtant, je n’avais pas desserré les lèvres. J’ai senti son regard compatissant posé sur moi. À mon tour j’ai levé les yeux, tout contrit. Au bout de plusieurs minutes j’ai reçu son pardon et recouvré la paix intérieure, grâce à toi Sébastien, bon chien fidèle, une fois de plus grâce à toi. La sonnerie du téléphone a mis fin à cette bulle d’éternité.



La journée s’est déroulée sans histoire. J’ai refusé de participer au concours de sobriquets attribués de façon quotidienne à mon binôme. D’un regard appuyé, il m’a signifié toute sa reconnaissance. En fin d’après-midi, à l’heure où les bureaux se sont déjà vidés de la plupart de leurs pantins et avant que l’armada affectée au ménage ne vienne investir les locaux, il s’est approché de moi non sans avoir fermé la porte qui nous sépare du couloir et des tympans qui traînent :



— Z’aurais un zervize à te demander. Z’il te plaît…



J’ai opiné du bonnet. Il a parlé. J’ai écouté. Il m’a supplié. J’ai cédé. Comment aurais-je pu contrarier celui qui le jour-même, m’avait rendu ma dignité ? Par contre, j’ai dû faire des salamalecs auprès de mon copain Martial pour décommander la soirée que nous avions prévue de longue date. Et tant pis pour le concert !



— Demain soir, c’est impossible. Une urgence.



— On les connaît tes urgences. C’est un sacré coup au moins ?



— Ce n’est pas ce que tu crois.



— Me fais pas rigoler, t’as rien d’un bénédictin.



— Laisse tomber…



— Allez ! Je te rappelle ce soir. Là, j’ai un client qui déboule.



— Non, c’est moi qui reprendrai contact avec toi.



— Comme tu voudras. Mais t’as l’air tout chose. Amuse-toi bien quand même !



Une fois de plus, mon meilleur pote allait se dispenser de mes confidences.



Deux jours après.



Rue Victor Hugo. Le Comptoir des Îles. Un établissement qui a pignon sur rue depuis plusieurs générations. Des wagons entiers de personnages ont afflué jusqu’ici. Des célébrités ont côtoyé de petites gens, c’était la politique de la maison, les premières découvrant avec curiosité, intérêt ou horreur le monde véritable et cruel des bas-quartiers et les dernières, embourbées dans leurs miasmes, ne sachant pas toujours saisir la perche qui leur était tendue. Malgré tout, de réelles amitiés ont vu le jour entre ces murs et certaines amours ont pulvérisé les barrières socioculturelles. Je le tiens de Sébastien, qui lui-même le tient de ses voisins, eux-mêmes apparentés au cinquième degré à la dynastie régnant sur les lieux.



Premier verre.



Pour me faire patienter de ma demi-heure d’avance, l’un des clients, un vieil habitué, m’en a dit un peu plus. Il paraît que les patrons recueillaient toutes sortes de confidences, les chefs d’entreprise jetaient sur le zinc leurs inquiétudes quant à la politique de l’emploi, les ménagères venaient quérir la recette miracle pour faire briller leurs cuivres, les jeunes gens racontaient leur première copine puis leurs premiers déboires sexuels tandis que les amoureux disposaient de canapés confortables, placés un peu à l’écart, dans lesquels ils commençaient à faire connaissance, en tout bien tout honneur.



Deuxième verre.



— Ils ont remplacé le mobilier, a poursuivi mon intarissable vis-à-vis. Il y a trente ans, les anciens canapés se trouvaient encore dans cette salle, dans le coin là-bas. Depuis, ils ont racheté la maison mitoyenne et réalisé de gros travaux…



Le déclic. Je n’écoute plus. Le comptoir des Îles. Les canapés. Ma mère. Ses escapades. La lettre volée, la deuxième.



« Très chère Madame, si par hasard vos pas vous guidaient vers le Comptoir des Îles, sachez que je vous y attendrai chaque jour de cette semaine à l’heure que vous savez. Je vous embrasse comme il se doit en pareille circonstance. Bien à vous. B. »



Ainsi donc et malgré la disparition de ce courrier que j’avais eu soin de déchiqueter en tout petits morceaux et de disperser dans plusieurs poubelles du quartier, ma mère avait fini par se rendre ici. Cette espèce de salopard avait trouvé un autre canal pour la convoquer et l’approcher. Je me doutais bien à l’époque que durant mes heures de lecture particulière avec Mademoiselle, elle n’allait pas uniquement faire des courses ou des ménages. L’élégance de ses retours ainsi que la petite flamme qui illuminait ses prunelles en disaient long. Elle semblait heureuse, éthérique et si câline. Je me jetais dans ses bras, ivre d’amour, croyant boire à sa source mais c’est un autre qu’elle enlaçait.



Troisième verre.



Ce serait donc ici-même qu’il aurait commencé à la tripoter. Malgré moi, je devine des pattes grasses et velues se promener sur son visage, oser une échappée dans le cou, se perdre dans la chevelure pour dégringoler plus bas et risquer une avancée sous le chemisier. Un doigt ? Deux doigts ? Davantage ? Gros dégueulasse !



— Hugo, c’est à toi.



Je sursaute. Comme une masse il se dresse devant moi, m’écrasant de toute sa hauteur. C’est bien ainsi que je me le figurais : ventripotent à souhait, la brioche débordant du ceinturon tel un soufflé à la sortie du four, les aisselles détrempées, la face rebondie et le poil mal maîtrisé quoique se faisant rare. Je dois avoir l’air ahuri car il insiste :



— Viens, elle t’attend.



— Qui donc, ma Maman ?



J’hallucine. Le gros dégueulasse est venu me chercher. En voilà un qui ne manque pas d’air ! Non content de s’être tapé la mère, il voudrait m’amadouer. Sûrement pas. Je me sauverai s’il le faut.



La détermination qu’il a lue dans mes yeux a eu raison de ses menaces. Il s’en est allé comme il est venu, sans bruit et sans demander son reste. En rasant les murs, sa grande chemise blanchâtre, immaculée, s’est retirée de mon territoire. Des sueurs froides ont alors perlé à la surface de mon épiderme. Tremblements, frissons. Je grelotte. Mes jambes se dérobent. Ma tête cogne très fort aussi. J’ai eu chaud !



— Hugo, tu vas bien ?



Je sursaute et reviens à la réalité. Comme une masse, Sébastien se dresse devant moi, m’écrasant de toute sa hauteur. Avec beaucoup de tendresse il me prend par le bras. Nos doigts tremblent, nos mains suent. Je le laisse me conduire vers les canapés.



Claudia m’attend, assise, le sourire avenant.



— Elle est pour toi, vaz-y, z’est de bon cœur.



Je dois avoir l’air ahuri car il insiste d’un regard appuyé : 



— Z’il te plaît, fais-moi plaijir, fais-toi plaijir.



Devant moi, Sébastien se fait hara-kiri. Grande chemise blanche au col cassé. Je ne saisis toujours pas le motif de son sacrifice.



— Ze peux pas, désolé, z’y arrive pas. Tu avais promis de m’aider si…



J’opine du bonnet. Il avait parlé. J’avais écouté. Il m’avait supplié. J’avais cédé. J’avais accepté, en cas de fiasco, de prendre la relève auprès de Claudia pour le délivrer d’une situation sans issue pour lui. Je n’ai plus qu’à m’exécuter.



Sébastien a déjà rejoint les coulisses, me laissant seul avec elle. Je balaie du regard la masse des indifférents – le patron, les verres qui tintent, les conversations qui enflent puis cessent aussitôt – puis reviens sous les feux de la rampe. Le velours rouge du canapé, la table basse en rotin, les talons aiguille, bas résille et jambes croisées, le cliquetis des bracelets tandis que ses mains moulinent et cette gorge qui vibre, et ce rire à peine métallisé, et ces lèvres pulpeuses qui incitent sans dire. Comme Maman lorsqu’elle revenait jadis, éthérique…



J’ai promis, je dois. Mes mains hésitent. Ce soir, c’est moi le gros dégueulasse. Mes doigts gras et malhabiles s’apprêtent à… Mais qui est cette femme au juste ? Que sais-je d’elle ? Que souhaite-t-elle en vérité ? Est-elle libre seulement ? N’y a-t-il pas un enfant qui en ce moment, se languit d’elle ? Mon chéri, ce soir tu iras en étude, maman reviendra un peu plus tard. Et l’enfant s’exécute, confiant, prenant sur lui, gardant au fond de son cœur les interrogations légitimes qui ne manquent pas de grouiller pendant qu’un mufle s’apprête à profaner sa mère.



Je ne serai pas ce veau qui part vers l’abattoir pas plus que cette vache dévastant un champ de tulipes ni même ce cochon saccageant la couvée. Adieu Mam… belle Claudia, je te rends ta liberté et moi je reste seul, avec mon passé et ses ombres fantomatiques, si inquiétantes parfois.



Dans la rue, je presse le pas. Le bruit de la circulation m’assourdit, m’étourdit. Je file droit devant, tête baissée, vers nulle part. Le vent d’automne s’est levé. Je remonte le col de ma parka et enfourne les mains dans mes poches trop minces. Je tremble encore.



— Monsieur, monsieur…



Je fais volte-face. Quoi encore ?



— C’est à vous, elle est tombée de votre manteau à l’instant, sur le passage protégé. Tenez.



Encore une enveloppe, petite, blanche, cornée, cachetée, sans inscription aucune et renfermant autre chose que du vide. Mon cœur bat à tout rompre, je vais rétorquer que… Mais mon bienfaiteur s’est déjà enfui, me laissant sur le pavé, interloqué, avec entre les mains, cet objet plat et blanc qui ne me dit rien.



En toute logique, la lettre m’est destinée puisqu’elle se trouvait dans ma poche. Mais que faisait-elle dans ma poche ? Je ne me rappelle pas l’y avoir mise. À moins qu’il ne s’agisse d’une erreur. Quelqu’un aurait confondu nos manteaux et l’y aurait glissée par mégarde. Depuis combien de temps se trouve-t-elle ici ? Une heure, un jour, un mois ? Si je n’en suis pas le destinataire, je n’ai pas à l’ouvrir. Mais je veux l’ouvrir ! Décidément, le destin s’acharne contre moi. Encore une tentation du genre. Elle me démange, elle me brûle les doigts cette boîte de Pandore, je hurle, je veux ouvrir, je veux savoir, toujours savoir et en même temps ne pas savoir, accepter de ne pas savoir, accepter de ne pas tout contrôler, cesser de me mêler des affaires d’autrui et concéder le droit au secret.



— Ce sera toi ou moi, ai-je dit à l’enveloppe d’un ton menaçant tout en la fixant dans le blanc des yeux.



Nous voici rendus au Vieux Pont. Audace d’un architecte qui voulut faire fi d’un monstre liquide. Le fleuve s’écoule, puissant, imperturbable. Dans sa mouvance il emporte des bateaux, des marchandises, des vieilles godasses ainsi que les corps inutiles des âmes désespérées. Ça sent l’espoir. Ça pue la mort.



D’un bond, je me retrouve sur la rambarde. « Ce sera toi ou moi. » Clic clac. Des Japs ont trouvé la séquence cocasse. Leurs boîtes m’ont déjà immortalisé, sans droit d’image. En bas, l’appel du précipice se fait de plus en plus pressant. Une Lorelei à la chevelure ondoyante m’envoûte de ses chants mélodieux. Plus que quelques secondes et…



Han. Un éclair foudroie mon arrière-train. Je me tords de douleur et bascule dans l’eau, dans une ancienne flaque d’eau, sur le trottoir. Mon crâne heurte le macadam. Encore cette foutue colique néphrétique !



Neuf mois plus tard.



Ils m’ont attrapé et enfermé. On m’a jeté, nu, dans une cellule à barreaux. J’ai été questionné, harcelé et drogué aussi. J’en ai perdu la raison ainsi que la notion du temps. Ils ne voulaient plus me lâcher. Ça les amusait de décortiquer mon cerveau. Ils ont parlé de tentative, de récidive et de cure d’isolement.



Je ne dois la liberté qu’à un psychiatre déjanté, Judas de l’équipe soignante. Non content de me tutoyer, il s’est permis de m’inviter chez lui à plusieurs reprises. C’est ainsi que j’ai fait la connaissance de sa petite famille. Sa femme fait de l’anorexie et ses trois fistons respirent la racaille. Quand même, pour un psy…



— Ne crois pas que nous soyons mieux armés que les autres, avait-il lâché un soir autour d’un verre, au contraire. La psychiatrie comporte un nombre infini de variables. Il s’agit d’une discipline expérimentale en perpétuelle évolution. Chaque jour, on croit gagner du terrain, chaque jour, on se plante, même moi, tu vois bien…



D’un geste las, il a désigné le jardin où les roses ne fleurissaient plus, la cheminée dans laquelle le feu ne crépitait plus et l’escalier menant vers des chambres où l’on ne s’aimait plus… Une profonde tristesse habitait le fond de ses yeux. Il offrait à ses patients le meilleur de lui-même mais lui-même se trouvait bien impuissant face aux déviances de ses proches. Il n’avait rien vu venir. Après la naissance du troisième, sa femme avait perdu tout appétit, y compris l’appétit sexuel. Il s’était alors réfugié dans la profession, refusant de s’égarer dans les bras des alouettes de passage. Ses fils ont déraillé à leur tour, tour à tour et le père a laissé courir, sachant bien que les chiens ne font pas des chats. Lui aussi en avait fait voir à ses parents, et de toutes les couleurs.



La rébellion, il avait grandi avec. Il s’était construit tout autour, en réaction à l’inconsistance de son éducation. À présent, elle faisait partie intégrante de sa vie. Il n’en était plus à un Ordre des Médecins près. Il pouvait tutoyer qui il voulait et inviter chez lui qui il voulait. Il s’offrait même le luxe, en signant une malheureuse petite décharge, d’offrir à certains patients le gîte et le couvert.



— Tiens, voilà ta chambre, m’avait-il annoncé un jour en ouvrant une porte à laquelle je n’avais pas prêté attention jusqu’alors. Tu es chez toi ici.



Sur la tapisserie rose fleurissaient quantité de posters, quelques photos aussi, prises au bord d’une plage. Une jeune fille en maillot de bain pose, les cheveux au vent. Le portrait de son père. Elle vivait ses derniers instants. La faucheuse l’a cueillie cet été-là, à l’aube de ses vingt ans.



Entre temps, mon hôte avait tourné les talons, me laissant seul dans la chambre, seul dans la vie. J’ai compris que mon père de substitution ne pourrait plus grand-chose pour moi, ses blessures suintaient encore et il traînait lui aussi, comme un boulet, son lot de misères. Au fond, il n’avait pas tort, chacun sa croix, chacun ses spectres et il fallait vivre avec, malgré tout.



Je n’ai pas abusé de son hospitalité. Ma présence lui apporta cependant beaucoup de réconfort. Nous avons parlé de lui, souvent, longtemps. C’était la première fois qu’il se confiait vraiment.



Me sentant sur le départ, il m’a conseillé de reprendre contact avec ma mère.



— Dites-vous l’essentiel, laissez la place au non palpable, posez-vous les questions qui vous tiennent à cœur, pardonnez-vous l’un l’autre et n’hésitez pas à vous embrasser. Nul n’est éternel. Le reste n’est que vanité.



J’ai suivi ses recommandations pour mon plus grand bonheur. Avec elle, j’ai vécu des semaines inoubliables. Nous avons balayé de nombreux sujets, y compris les plus tabous comme celui de mon père, ce fantôme. Ses absences si fréquentes et si longues. Il consultait. « Je suis consultant », répétait-il dès que je l’interrogeais à propos de son métier. Je le croyais médecin. Il l’était en effet, à sa façon. Il soignait les entreprises, des entreprises toujours implantées aux cinq cents diables et nous restions seuls, Maman et moi. J’aurais aimé un petit frère. « Ce n’est pas possible » répétait-elle dès que je l’interrogeais sur le sujet. Alors je me suis réfugié dans les livres et de son côté, elle a cherché du réconfort comme elle a pu.



Je n’ai rien voulu connaître des hommes qui ont occupé sa couche, j’avais mieux à faire, ayant enfin compris qu’à aucun moment elle ne m’avait abandonné. Au contraire, elle a tout fait pour préserver mon enfance. Il n’était pas de mon ressort de suppléer mon père, je n’avais pas à devenir son petit mari. Cette innocence qu’elle souhaitait pour moi, je la haïssais et lorsque je vomissais sur le tapis de l’entrée, c’était son désir de candeur que je lui recrachais à la figure. Avant tout, je voulais savoir. Savoir où il se trouvait, savoir ce qu’il faisait, savoir ce qui se tramait, toujours savoir. C’est pourquoi – et je l’ai réalisé bien plus tard – j’ai appris à lire si vite. J’étais hanté par l’obsession de lire tout ce qui me tombait sous la main pour enfin lever l’angoisse de l’inconnu. J’ai sacrifié mon enfance à cette quête impossible sans pour autant accéder à la condition d’adulte et il m’a fallu des années d’accompagnement pour forger l’homme véritable que je suis devenu. « Chacun sa croix, chacun ses spectres et il faut vivre avec, malgré tout. »



Durant cette convalescence partagée entre mon médecin malgré lui et ma très chère mère, je pensais au bureau comme à une autre vie. Je n’y étais pas retourné depuis… depuis le soir du Comptoir des Îles, de la petite enveloppe reçue des mains d’un inconnu et du pont. Jean-Jacques, mon toubib avec lequel je correspondais de façon régulière, a remis le sujet à l’ordre du jour. Je lui sais gré d’avoir anticipé mes craintes. Plus que tout, je redoutais la risée des uns et le regard condescendant des autres. Comme toujours, il m’a rassuré :



— Ne te fais surtout pas de bile, il suffit que je demande à ton administration un transfert d’affectation et tu l’auras. Fais-moi confiance. Voyons, quel genre de poste pourrait te convenir ?



Je n’ai pas tergiversé longtemps. Il a trouvé ma proposition excellente.



J’ai repris tout doucement du service à la fin du mois de juillet, à l’heure où la masse salariale s’agglutine sur les routes du soleil. Je regrettais la compagnie de Sébastien mais jamais je n’aurais pris le risque de remonter dans les étages. Nous avons fini par nous croiser en ville, quelques jours après mon retour. J’ai failli ne pas le reconnaître, il avait fondu comme neige au soleil et flottait désormais dans ses vêtements trop amples.



— T’as vu ça un peu ?



Face à mon air déconfit, il a poursuivi :



— Ma mère a changé de poste. Maintenant à la cantine, je suis traité comme tout le monde : une seule louche et encore, dans une assiette plate !



N’était-il pas sur le point, lui aussi, de s’éloigner de ses vieux fantômes ? Même sa diction avait évolué dans le bon sens.



— Et toi vieux, raconte. Où t’ont-ils affecté ?



J’avais décidé de combattre le mal par le mal.



— J’ai choisi de travailler au service du courrier.

Commentaires
Pareil aux madeleines de Proust
Publié le 15/09/2021
J'aime ton habileté à écrire la façon dont s'est ancré ton souvenir. Entre le rituel, la découverte, les émotions, et la passion de la jeune collectionneuse. Et puis surtout cette rencontre décisive avec l'écriture et ses premières lettres qui en apprennent déjà beaucoup pour cette fillette qui dispose d'un véritable oeil de lynx. Merci pour ce beau moment de lecture.
Bien vu
Publié le 2021-09-15
Merci de ton passage et de ta lecture approfondie, y compris entre les lignes.
Ha!!! les souffrances et les traumatismes de l'enfance ...On en a tous et toutes un peu c'est selon...
Publié le 25/10/2021
J’ai sacrifié mon enfance à cette quête impossible sans pour autant accéder à la condition d’adulte et il m’a fallu des années d’accompagnement pour forger l’homme véritable que je suis devenu. « Chacun sa croix, chacun ses spectres et il faut vivre avec, malgré tout. »
Coup de projecteur
Publié le 2021-11-19
De même que les voleurs fuient la lumière, les fantômes sont les rois de l'invisible. Et pourtant toujours présents. Leur donner un nom, par écrit, c'est déjà les mettre en lumière et leur faire perdre une part de leur superbe. Merci, Vivi, pour ton passage et ton commentaire.
dire adieu à l'aidant pour retrouver le fil de sa vie
Publié le 14/11/2021
"Me sentant sur le départ, il m’a conseillé de reprendre contact avec ma mère. — Dites-vous l’essentiel, laissez la place au non palpable, posez-vous les questions qui vous tiennent à cœur, pardonnez-vous l’un l’autre et n’hésitez pas à vous embrasser. Nul n’est éternel. Le reste n’est que vanité". "J’ai repris tout doucement du service à la fin du mois de juillet, à l’heure où la masse salariale s’agglutine sur les routes du soleil"
Ou comment couper le cordon ombilical, en plus cru
Publié le 2021-11-19
Retrouver le fil de sa vie, ou le trouver tout simplement. C'est fou ce que les embrassades procurent de l'essentiel. Le rôle d'aidant est si capital et tellement éphémère... Merci de ton commentaire, Myriam, commentaire que je visualise en double exemplaire, comme ça, je le lis deux fois.
dire adieu à l'aidant pour retrouver le fil de sa vie
Publié le 14/11/2021
"Me sentant sur le départ, il m’a conseillé de reprendre contact avec ma mère. — Dites-vous l’essentiel, laissez la place au non palpable, posez-vous les questions qui vous tiennent à cœur, pardonnez-vous l’un l’autre et n’hésitez pas à vous embrasser. Nul n’est éternel. Le reste n’est que vanité". "J’ai repris tout doucement du service à la fin du mois de juillet, à l’heure où la masse salariale s’agglutine sur les routes du soleil"
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